« Don’t try to fight, break the partner’s balance. »

De retour du 26eme stage du Vigan avec quelques camarades de l’Ishiki Dojo,nous avons, une fois encore, été émerveillés par la profondeur et la subtilité de l’aïkido d’Ikeda Shian.

Lorsque nous sommes confrontés à un art d’un tel niveau, il est nécessaire d’insister en premier lieu sur la vanité des mots et la quasi impossibilité de retranscrire verbalement la qualité d’une expérience directe que rien ne remplace.

En deçà de la technique

Ceci étant dit, tout pratiquant ayant foulé les tatamis du Vigan est immédiatement frappé par une chose singulière : Ikeda senseï n’enseigne aucune technique d’aïkido !

Amis préparateurs de grades et autres catalogues, passez votre chemin, ce stage ne répondra pas à vos attentes !

Comme il ne se lasse pas de le répéter lui-même: « Je n’essaie pas de vous enseigner la technique d’ikkyo, vous la connaissez déjà. Nous utilisons le mouvement d’ikkyo pour illustrer un principe. »

Et de fait la quasi-totalité du stage ne consiste qu’en une seule est même chose, une étude inlassable du principe fondamental à la base ou en deçà de toute technique.

Ikeda senseï ne dénigre aucune approche de l’aïkido, notamment celles qui s’appuient sur la force physique, la vitesse ou même la qualité des déplacements, des axes, etc. Il se contente simplement de les remettre en perspective.

De fait son aïki se situe réellement sur un autre plan.

Try Imagination

Si nous revenons donc au principe primordial, il s’agit de rompre l’équilibre du partenaire avant d’engager le moindre mouvement externe.

Ikeda senseï s’appuie énormément sur les mouvements internes à l’image de certains arts martiaux chinois ou certaines formes de karaté.

Pour nous faire sentir ces mouvements et nous faire comprendre la manière dont ils se propagent d’un partenaire à l’autre, Ikeda n’hésite pas à utiliser des approches étonnantes. Il demande aux pratiquants d’imaginer la circulation de l’énergie et l’endroit cible vers lequel nous souhaitons la diriger, comme par exemple le coccyx. Il va sans dire que ces mouvements se réalisent au début très lentement pour l’exercice et qu’ils ne peuvent être faits que dans une profonde détente.

Si le senseï nous encourage à utiliser notre imagination dans ce processus et « à y croire » pour que cela fonctionne, le résultat lui n’a rien d’imaginaire. Quiconque est passé dans les mains d’Ikeda, indépendamment de sa force physique ou de son grade, en est immédiatement et définitivement convaincu.

Uke ??

De fait il a, de nouveau, martelé tout au long du stage : « Don’t take ukemi for your partner ! ». Pas de chute de complaisance mais des attaquants sincères, voire très puissants et qui n’essaient pas non plus de compenser leur déséquilibre car le ralenti le leur permet. Sinon personne ne progresse et le niveau du dojo lui-même s’en trouve affaibli.

Puis peu à peu cette notion d’uke/nage finit par s’effacer. Parfois c’est l’attaquant qui termine le mouvement après que sa première frappe ait été contrée. Parfois c’est l’autre qui a finalement le dessus. Il ne reste alors plus que deux partenaires venant au contact l’un de l’autre, chacun essayant d’appliquer au mieux ce geste intérieur fondamental et qui, quelle que soit l’issu de l’affrontement, laisse derrière lui comme un goût d’apaisement et d’harmonie.

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